Comment rater sa thérapie en toute bonne conscience ?

« Ma thérapie n’avance pas ! » Vous vous plaignez, mais… consciemment ou inconsciemment vous résistez au changement. Alors, comment débuter ou poursuivre un travail sur soi qui « ne marche pas », ou vraiment rater sa thérapie et rester crédible ?

Dans les conversations, vous pouvez tenter : « ma psy est nulle », voire « je suis un zèbre, on ne me comprend pas », mais il existe de bien meilleures stratégies. 

Comment donc s’y prendre et quelles sont les bases ?

Voici mes 5 premiers conseils pour laisser pourrir votre psychothérapie et votre psy !

Règle n° 1 pour rater sa thérapie : choisir le mauvais psy 

Tout ce que vous n'avez jamais osé demander à votre psy

C’est l’étape incontournable.

Choisir un psychiatre 

La formation en psychiatrie ne donne que des rudiments en matière de psychologie et l’analyse personnelle du psychiatre n’est pas requise pour exercer. Donc, pas de complexe d’infériorité ! De plus, les entrevues ne durent que 15 ou 20 minutes (mis à part la première rencontre). Ainsi vous serez tranquilles. Et en plus, c’est remboursé !

Consulter un psychologue

Là, c’est un peu plus risqué… Certes, le psychologue n’a pas non plus l’obligation de faire sa propre thérapie, mais malheureusement beaucoup en comprennent la nécessité pour exercer. En outre, il ou elle a pu étoffer ses connaissances en psychothérapie par des formations spécifiques.

Voir un psychopraticien ou un psychanalyste

À éviter. Ceux-là sont extrêmement vicieux, car ils ont tellement creusé l’affaire du travail personnel qu’ils vont vous acculer dans les recoins de votre psychisme, ceux dans lesquels vous-même ne vous aventurez pas.

Faire sa thérapie avec un praticien intégratif

Ce sont les pires, fuyez ! Non seulement ils ont travaillé sur eux-mêmes et sont donc horriblement lucides, mais ils utilisent toutes sortes de théories. Vous aurez donc peu de chances de pouvoir vous en tirer avec un « mon psy ne comprend rien, je perds mon temps ! »

Règle n° 2 pour rater sa thérapie : ne pas tout dire à son psy

L’indication de base pour faire une « bonne » thérapie est de tout avouer de votre pensée et de vos émotions. Quelle horreur !

Vous souhaitez garder vos petits secrets enfouis et ne parler que de ce qu’autrui vous fait subir, qu’il en soit ainsi. Ne pas tout dire est LE conseil essentiel, même si les autres sont importants. En tout cas, c’est la première défense à mettre en place. Vous vous murerez dans votre bastion et laisserez le psy à la porte. Ne vous inquiétez, il est rarement extralucide !

De cette manière, vous vous achèterez des mois, voire des années, de tranquillité à vos propres yeux et ceux de votre entourage (et nous verrons plus tard comment vous rattraper si vous avez fini par trop vous livrer).

À retenir : Le psy ne pourra vraiment RIEN à votre cas si vous n’abordez pas vos réels problèmes, mais attention…

Règle n° 3 pour rater sa thérapie : se méfier de la première séance

La première séance sera toujours le plus gros piège !

Le psy va vous demander ce qui vous amène. Et pire, ce que vous espérez de la thérapie. Si vous avouez à ce moment-là vos problèmes, ou si vous semblez (même vaguement) en attendre quelque chose de clair, vous courez le risque que le psy vous coince quelque temps plus tard en tentant de vous rappeler vos « objectifs ». En conséquence, noyez le poisson ; une petite déprime dont vous n’avez rien identifié de précis suffira largement ; quelques tiraillements dans le couple… Ou bien, un « c’est ma femme qui veut que je consulte, pourtant elle n’a rien à me reprocher ! » bien placé.

Conseils : ne pas dire que vous n’avez aucune difficulté profonde, on ne vous croira pas. Avoir une problématique mineure sera beaucoup plus crédible, type : j’ai le trac pour prendre la parole en public (il n’y a à la base que les narcissiques qui adorent cela). Ou, j’ai parfois quelques insomnies (mais je viens de monter mon entreprise… peanuts, là vous endormez le psy à coup sûr !).

À retenir : le psy est un animal à sang froid et son soleil à lui ce sont de bons gros problèmes qui durent depuis des années.

Règle n° 4 pour rater sa thérapie : décourager le psy

Plusieurs techniques sont envisageables. Par exemple, agresser le psy n’est pas interdit.

Toutefois, choisissez intelligemment vos mots. « Les psys sont tous fous, non ? » ne marchera pas, car vous serez repéré d’emblée comme rebelle à la thérapie, mais lancer « On dit que les psys ont autant (plus) de problèmes que les autres ! » avec un petit rire sardonique s’avère efficace. Surtout si le psy subit justement un coup du sort à ce moment-là.

Ne pas vous engager

Ne vous engagez pas trop vite, mais dites plutôt que vous venez voir si vous auriez, éventuellement, on ne sait jamais, pourquoi pas… l’utilité de faire une thérapie. Le mieux est d’ajouter que ça peut PEUT-ÊTRE servir (le psy a passé la moitié de sa vie dans cette activité, c’est donc un excellent coup bas !).

Montrer que le psy est interchangeable et… inefficace

Racontez que vous avez usé beaucoup de psys (même si vous n’avez fait que quelques séances avec chacun). Vous prouverez ainsi qu’aucune relation de confiance durable, et donc aucun travail profond, ne sera possible. Le risque : mettre le jeune psy en compétition et qu’il redouble d’efforts. 

Déplacer ses rendez-vous

Si la tension se resserre, déplacez les rendez-vous ! Sauf si le psy a fixé la règle qu’il ne modifiera pas l’horaire des séances (parce que c’est soi-disant important pour le travail et que c’est d’abord une rencontre avec vous-même), vous pourrez à loisir réclamer un changement de date ou d’heure. De plus, les prétextes sont nombreux : réunion impromptue (même si vous allez boire un coup avec les collègues), maladie du petit, visite urgent chez le médecin (il a peu de places, alors que le psy se débrouillera… un excellent moyen de le déstabiliser et d’éviter de creuser les problèmes !). Sachez vous montrer impertinent et un peu méprisant ! En effet, rappelez-vous que la thérapie est aussi une lutte de pouvoir : votre désir d’inertie contre son désir de vous voir surmonter vos difficultés. Il est quand même insupportable pour l’ego de penser que quelqu’un va vous cerner mieux que vous-même, non ?!

Règle n° 5 pour rater sa thérapie : changer de sujet ou de problème à chaque séance

Faites-lui un vrai festival !

Pourquoi ? Parce qu’ainsi vous sèmerez le psy. Parlez un coup de votre mère et de son hystérie. La séance suivante vous vous trouverez trop grosse. Puis vous vous sentirez seul alors que tout le monde est en couple. Enfin, vous aurez des soucis au travail. Puis recommencez le cycle. 

Tout plutôt que creuser une vraie souffrance récurrente !

Attention : Méfiez-vous du psy qui prend des notes. Il ou elle pourrait remarquer que vous changez de sujet. Une parade ? Accepter de faire deux ou trois sessions sur le même thème (mais en restant laconique) ou faire diversion en lui annonçant que vous avez un nouveau problème URGENT, type on restructure dans ma boîte et je ne sais pas qui j’aurai comme chef et je redoute bidule qui est une véritable ordure. Bref, soyez créatif !

Dernier petit conseil 

Gavez-vous de médicaments ! Vous pourrez ainsi justifier toute impossibilité d’évolution (pour vous-même d’abord, mais aussi pour les autres) puisque vous ne sentirez plus rien.

Nous verrons dans un prochain article comment franchement déstabiliser son psy. À suivre !

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Brigitte Minel, psychanalyste intégrative à Vincennes et à Mandres-les-Roses, praticienne Fleurs de Bach

Tout ça pour qu’elle arrête de me prendre la tête !

Lire l’article La thérapie intégrative

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